Comme beaucoup de monde (l’audience confirme), ça fait 2 éditions que je me laisse vraiment prendre au jeu de la nouvelle star. Vraiment, parce que j’avais regardé la première émission par curiosité, y a 7 ans maintenant, une ou deux fois comme ça. Trop classique.
L’émission avec Steeve Estatoff (saison 3 ?), le gars qui reprenait Smell Like Teens Spirit en slamant sur le public de Baltard, m’avait déjà plus emballé, mais ça restait un programme télé de plus.
Je me suis vraiment intéressé au bouzin, de manière addictive, il y a 2 ans. Avec Christophe Willem, d’abord, et forcément la 2e fois, l’année dernière avec Juju Doré.
(et puis l’arrivée de Virginie Effira a contribué aussi pour beaucoup à cette addiction cathodique)
Le truc indispensable au concept de la Nouvelle Star, c’est les castings. On rigole, on se bidonne, dès fois on se surprend à observer un garde-à-vous capillaire sur l’avant-bras, c’est toujours un moment exquis pour l’expression de son propre visage, qui passe de la grimace type “fourchette sur un tableau d’école” à une décontraction faciale intense type “plaisir sexuel buccal” (oh, comme tu y vas). Tous les ans, c’était un truc sympa de tomber sur les castings.
Et puis, donc, cette année, on nous dit qu’il y a une nouvelle star mais avec un nouveau jury. Damned.
Bon, ça ne change rien au concept finalement qu’un nouveau jury apparaisse, si ? Non, je crois pas ? Ah, on annonce Manoeuvre. Zut. Bon, allez, je vais regarder quand même, de toute manière, je regarde pour les castings, l’addiction vient toujours après. C’est un peu comme Confessions Intimes, ça permet de voir qu’il y a pire que soi, c’est toujours bon à prendre.
Donc, cette année, j’ai refait comme 5 millions et des patates de gens, j’ai appuyé sur le 6 de la zapette. Hé ben mon p’tit gars, après avoir regardé tous les castings, déjà, y a ce nouveau jury là :
- Philippe Manoeuvre. Philippe Manoeuvre… Woo. J’éprouvais déjà une forte antiphathie pour lui en tant que rédac’chef de Rock&Folk; il ne m’inspire plus aujourd’hui que de l’exaspération. On progresse. Mon sentiment oscille entre pitié pour le côté Papy Rock-perfecto-and-lunettes noires-Roll, et admiration pour la maitrise d’un personnage complètement anachronique et branchouillard (oui oui, c’est une sorte de mix entre la hype et la franchouillardise de base). Ses choix en tant que juré sont par contre beaucoup plus tendancieux, voire incompréhensible pour une personne comme lui. Il va s’amourracher d’une casserolle mais n’éprouvera aucune palpitation pour la cocotte-minute (celle qui se dévoile sous lapression; t’as vu la métaphore un peu?)
- J’éprouvais pas grand chose pour Sinclair. En dehors de ses 2 uniques succès “Si c’est bon comme ça” ou “Mon idole“, le seul ressenti que j’avais à l’évocation de son nom était surtout une sorte de jalousie envers un type qui sort avec une des plus jolies filles françaises (Emma De Caunes pour ceux qui suivent rien du tout). Froid, hautain, limite imbu de sa personne, j’éprouve toujours la même chose pour lui : rien.
- A l’inverse, Lio que j’ai toujours trouvé exaspérante m’a complètement séduite. Sensible, drôle et objective, j’irai pas jusqu’à dire qu’elle remplace parfaitement Marianne James (qui me manque beaucoup snif snif) mais ouais, ok, j’avoue, elle amène fraicheur et sensualité (hé ho, je suis un garçon, ne l’oublions pas).
- Rien à dire sur Dédé Manoukian, fidèle à lui-même, quand je serai grand, je veux être comme lui.
On notera quand même que le jury précédent à tellement marqué les esprits qu’ils se sont sentis obligé de nous proposer des clones. Bien sûr, ils n’ont pas le même look ni les mêmes noms, prénoms. Mais, on a quand même le clown de service (Dove Attia - Philou Manoeuvre), la fille qui n’a pas la langue dans sa poche (Marianne James - Lio), le méchant méchant méchant musicien (Manu Katché - Sinclair) et le philosophe rigolo (Dédé donc).
Là où ça craque sévère cette année, c’est le choix des 15 finalistes. Il y a deux ans, Christophe Willem se pointe au casting, boum, le truc est là, boum on en parle avec ses potes le samedi soir entre deux bières et 4 clopes “putain il est chanmé le keum, faut que tu regardes, sisi, vas-y je t’assure, c’est vachement moins ringard que la Star’Ac”, boum, effet boule de neige, la France se passionne, on regarde l’émission jusqu’au bout, limite on se surprend à envisager de voter par SMS. Mais pas quand même non plus. Le buzz est là, le succès est confirmé, faut arrêter là, on fera jamais mieux.
Rebelote l’année dernière, casting, Ringard-Man débarque avec son ukulélé “ah non mon petit, pas d’instrument pour le casting, désolé, au revoir” qu’elle lui dit la Marianne. Quoi quoi ? Mais ça va pas, il a l’air sympa ce petit jeune, faut le laisser chanter un truc là.
“Bon, ok reviens, on la refait“. On sait ce que ça a donné, l’émission n’a jamais aussi bien marché, le succès est confirmé, faut arrêter là, on fera jamais mieux.
Sauf que, comme Astérix, à force de se sentir indestructible, on finit par le croire.
Alors, rebelote, on souffle sur le couvercle pour enlever la poussière et on le remet. Sauf que, c’est quoi qu’c'est qui s’passe donc cette année ? Les castings sont finis et y en a pas un seul au dessus du lot !?
C’est vraiment ça les 15 finalistes ?
Atta…C’est fini le choix ? Y a pas encore un truc de suspens à la M6 “mais naaaaaan, on déconne, bien sûr que tu restes pas toi ! T’es fou ou quoi” ?
Ok, ok, y en a un ou deux avec une voix trop bien. Le type qui a repris Seven Nation Army en acoustique, j’adore, on dirait Ben Harper qui aurait enfanté d’un Damien Rice aphone. Ou la nenette à la voix rauque, qui a agité le neurone émotionnel de Lio avec sa reprise de Knockin’ on heaven’s door. Non, y en a des chouettes des candidats. Kristov le sosie de Eels est le genre de type avec qui on boirait bien une bière en écoutant le dernier Bonnie Prince Billy.
Mais globalement, aucun n’a ce truc spécial, cette touche de folie qu’avaient Willem ou Doré.
Et puis, certains ont été éliminés du casting sans raison valable (la copine du mec BCBG, ou Julien aux yeux bleus). On retrouve dans les 15 des gens qu’on n’a jamais vu à l’antenne plus de 3 minutes (genre lui là - d’ailleurs à partir d’aujourd’hui, il devient mon anti-modèle capillaire), et puis des gens qu’on a suivi depuis le début, pouf, 3 petits non et puis s’en vont.
Et Pitt, le gars rigolo qui faisait le clown entre les séquences. Viré aussi !
Ah, j’oubliais, LE truc insupportable de cette année, en dehors de la voix de Philippe Manoeuvre, c’est le montage. On montre 70 candidats en 30 secondes, on met de la musique type “Dents de la mer” pendant qu’ils chantent, on résume les résumés qui résumaient les émissions précédentes, on joue encore plus sur le suspens et les larmichettes racoleuses “oh mon dieu je ne suis pas pris, mais qu’est-ce que je vais devenir, mon dieu, oh mon dieu, j’y croyais tellement, je vais retourner à ma vie de merde demain, oh mon dieu maman aide-moi c’est trop dur“, on enchaine les plans sans queue ni tête, on passe de Paris à Strasbourg sans explication (la prod se serait emmelé les pinceaux)
Non, vraiment, cette Nouvelle Star 2008 s’annonce comme un cru assez moyen, en tout cas elle a perdu toute l’originalité qui transformait le mercredi soir en une sorte de messe cathodique. Et je suis pas le seul à le penser il semblerait. Allez, c’est pas grave, on jettera un oeil de temps en temps, rien que pour écouter de nouvelles phrases cultes d’André.
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